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PRÉ COURSE PORTO 2017

La pilote Mélanie Astles nous parle de son état d’esprit, son entrainement, et ses ambitions pour la course du weekend à Porto

La pilote française Mélanie Astles est en compétition à l’étape historique du RBAR à Porto, Portugal, pour la première fois les 2 et 3 septembre. Dans cette franche interview, la première femme à participer à ce sport mécanique à trois dimensions nous confie ses pensées sur certains sujets, y compris les défis qu’elle doit affronter.

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SOYONS PRETS POUR LE CHALLENGE !

Mélanie, qu’avez-vous fait depuis la course de juillet en Russie?
D’abord, je me suis un peu reposée. Je pense que le repos est très important pour une bonne performance, que ce soit pour le sport, les affaires, ou la vie privée. Si je suis fatiguée, je peux être énervée, irritable, et pas très productive. J’ai passé un peu de temps dans le Sud de la France où je réside, vu des amis et décompressé.

Et naturellement, vous avez aussi volé….
Oui, j’ai fait du freestyle. C’est une discipline artistique très spéciale, celle dans laquelle vous pouvez voir les avions avec une trainée de fumée. L’avion danse dans le ciel, effectuant des figures dynamiques et impressionnantes, mais également volant à faible vitesse. Comme le peintre et son pinceau, un pilote freestyle peint des figures dans le ciel avec son avion. Cela nécessite des heures de travail intensif, mais grâce à mes sponsors, j’ai mon propre avion pour m’entrainer dans cette discipline prestigieuse.

Vous êtes aussi allée en Angleterre. Dans quel but ?
Exact. Je suis allée en Angleterre (où je suis née) avec mon avion Extra 330, afin de faire vérifier son moteur. Je suis allée chez Nigel Huxtable, qui est l’ancien technicien de Nigel Lamb (lui-même RBAR Champion du Monde en 2014) dans son atelier de maintenance aviation, que je recommande hautement. J’ai passé trois jours à Wickham, et ils ont fait de l’excellent travail sur mon avion. Je tiens vraiment à les remercier. Ils ont été magiques.

Ensuite, comme j’ai le projet de présenter des shows aériens en Angleterre, je suis allée à Duxford pour commencer les formalités d’autorisation. J’ai fait quelques démonstrations en entrainement, c’était irréel, de voler entre un Spitfire et un Messerschmitt ! J’étais consciente de l’histoire de ce terrain d’aviation. Aussi le fait d’être née en Angleterre et que c’est là que mon histoire commence – ce fut un grand moment d’émotion. Avant cela j’ai aussi connu un moment très fort quand j’ai traversé seule en vol, la Manche, pour la première fois. Un moment intense.

En parlant de shows aériens, vous avez laissé entendre que vous avez déjà un planning pour 2018.
C’est beaucoup de travail en cours. J’ai commandé une composition musicale d’un excellent compositeur, et le thème sera Dream, Fly, Inspire – DFI . J’espère que nous serons prêts au printemps 2018, et probablement je présenterai le show à mes sponsors en premier. Ce sera une belle façon de les remercier.

Et comment s’est passé votre entrainement sur terre?
Avec mon coach mental, André Armand, nous avons abordé et travaillé sur plusieurs aspects, en particulier la visualisation du circuit à Porto et le côté psychologique. J’affronte cette course avec un état d’esprit différent, plus décontractée sur l’objectif. Quelque part au fond de moi, je manquais de confiance et avec l’impression que je ne mérite pas de gagner.

Et pourtant vous avez déjà atteint le podium, et vous avez obtenu le meilleur résultat pendant les essais libres plusieurs fois…
Je pense avoir cerné le problème. Je sais que je peux gagner et j’y arriverai. Je pense qu’il faut que je sois plus relaxée car naturellement le jour de la course, je suis plus stressée, mais peut-être le succès me fait peur. J’ai besoin de sentir que j’ai le droit d’être là, que je peux gagner, et que je dois me donner la permission de gagner. Quoi qu’il arrive à Porto, j’ai l’intention de prendre du plaisir. Le niveau de la Challenger Class est très haut, et tout le monde est à fond, donc même en effectuant un super vol, on peut très bien finir dernier. Mais mon état d’esprit sera au top et j’espère que la chance sera de mon côté cette fois.

C’est intéressant car vous semblez être une personne naturellement positive. Est-ce que vous devez y travailler ?
Mon état d’esprit positif est le résultat de beaucoup de travail sur moi-même. J’étais plutôt du côté sombre, pensant que tout le monde était contre moi et que le monde était injuste. Le travail a payé et j’adore apprendre et appliquer de nouveaux conseils pour m’améliorer. Je pense avoir acquis de nombreux outils maintenant, et quand je dis « Smile on », ce ne sont pas que des mots. Quoi qu’il arrive, souriez et restez positifs. Pour moi, il n’y a pas de problèmes, que des défis. Devant une difficulté, je pense, « OK, c’est un défi, allons-y » ! Mais c’est comme tout exercice, il ne faut jamais lâcher. Si vous êtes avec des personnes négatives, elles peuvent vous faire retomber et vous prendre votre énergie.

Concernant votre entrainement physique
J’ai fait beaucoup de sport. Avec mon coach Romain Guillot nous avons essayé de trouver la condition physique parfaite pour un pilote de Air Racing mais aussi pour un pilote de voltige, sachant qu’en voltige vous prenez des Gs négatifs en plus des Gs positifs, et dans le freestyle vous avez toutes les forces G directionnelles. Il s’agit surtout de renforcer le cou et les abdos – en fait, votre corps doit être un tout très fort. Mais vous devez aussi être très dynamique et flexible, un athlète complet. Souffle, force, souplesse – nous avons travaillé sur tous ces aspects. Et j’ai fait une bonne impression, car je peux faire des vols longs et intensifs, et les gens sont surpris de me voir sortir souriante et décontractée. Il y a encore beaucoup de progrès à faire, mais on y arrive, et je voudrais vraiment remercier Romain, et également André .

On dirait que vous étiez très occupée
J’espère un savant mélange de travail et de détente. J’ai aussi passé du temps pour lancer mon nouveau site internet www.melanieastles.com. Son but est de partager les émotions de mon sport. Il y a aussi une page B-to-B où les sociétés trouveront les renseignements pour l’organisation d’un après-midi ou d’une journée avec mon équipe. Il y a de nombreuses possibilités, une conférence sur le risk management, une course de drones et même faire venir une patrouille acrobatique et du service traiteur de luxe. En fait, je peux créer pour vous n’importe quel rêve d’aviation.

A propos de votre site Internet, vous appelez votre avion votre “baby”, et les vidéos que vous publiez sont exaltantes. Vous aimez voler autant qu’il y parait ?
Oui, c’est un grand bonheur de voler. C’est incroyable de pouvoir faire pratiquement tout ce que je veux avec mon avion. Je suis encore à la découverte de mon « baby », mais comme j’aime la recherche et apprendre toujours, je suis heureuse d’expérimenter (avec les conseils de mes coachs, bien sûr) et de pousser l’avion à ses limites.

Que voulez-vous dire par pousser l’avion à ses limites?
Par exemple, j’essaie de voler à la vitesse la plus faible, comme si l’avion s’était arrêté en l’air. C’est très difficile, mais c’est incroyable ce que cet avion peut faire. Bien sûr, il y a des moments où je passe en mode perfectionniste et mon vol n’est pas parfait, mais je me souviens d’où je viens et la chance que j’ai de vivre ma passion. Le moment le plus agréable est quand je reviens au sol, et je vois des étoiles dans les yeux des spectateurs. J’essaie de partager ces moments et passer du temps avec eux. Donner de la joie aux gens est un grand plaisir.

Donc votre course à Porto en Classe Challenger approche. Comment vous sentez-vous ?
Le circuit à Porto me convient avec les VTMs (Vertical Turning Manœuvres) et les chicanes que j’adore, mais je pense qu’il convient aussi aux autres pilotes. Ma famille sera là, ma mère, mon père, mon oncle – et apparemment beaucoup de fans sont très intéressés par la première femme du RBAR. Les Portugais sont charmants, et j’ai hâte de partager ce moment avec eux. Je crois fermement que le travail paie, et que j’aurai ma part un jour – je sens que se pourrait bien être à Porto.

SMILE ON !