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La Victoire : Mélanie nous parle d’Indianapolis

Pour la pilote française Mélanie Astles, la finale de la saison de Red Bull Air Race à Indianapolis Motor Speedway les 14 et 15 octobre, conclue sa seconde saison en Classe Challenger – et elle n’aurait pas pu terminer mieux. Mélanie, qui avait obtenu son tout premier podium en deuxième place à Indy en 2016, et déjà deux autres podiums en 2017 (troisième à Abu Dhabi et à Porto), s’est dépassée pour s’emparer de la première victoire de sa carrière. Et celle-ci est mémorable non seulement pour elle, car c’est aussi la première fois qu’une femme monte sur la première marche du podium d’une Red Bull Air Race. De plus, c’est un évènement majeur pour l’emblématique Indianapolis Motor Speedway (IMS) : c’est la première fois qu’une femme y gagne une grande compétition en sport mécanique dans toute son histoire vieille de 108 ans.

Mélanie, comment était la vue là-haut sur la première marche d’un podium de course pour la première fois?

C’était fantastique et aussi la récompense après beaucoup de travail, des jours et des jours d’effort pour cet instant. Bizarrement, c’est arrivé de manière différente de ce que j’avais imaginé : le résultat de la course était basé sur les Qualifications du samedi, où j’ai fait le meilleur temps, car la Course Challenger du dimanche a dû être annulée à cause des mauvaises conditions météo. Une grande joie quand même et j’étais fière de monter sur la première marche du podium. Mon père était présent, et c’était super qu’il puisse assister à la cérémonie.

Quand avez-vous réalisé que votre temps de Qualification pourrait devenir le résultat de la course?

J’avais vu la météo avant mon vol de Qualification, et j’avais compris que le temps serait plutôt mauvais le dimanche. Je ne savais pas que la course serait annulée, mais j’avais ce sixième sens – Je me disais en moi-même « C’est la Qualif, mais ce n’est pas une Qualif. Ce pourrait être la Course ». J’étais aussi très relax car j’avais tout à gagner. J’étais sixième en Pratique Libre finale le samedi matin, je ne pouvais que faire mieux, ou au pire rester à la même place, donc en fait tout ce que j’avais à faire c’était rester calme, voler et prendre du plaisir. Comme toujours, j’avais analysé toutes les différents variables du vol et testé les erreurs possibles. Donc j’avais tout ça ancré en moi et je connaissais mon job – je savais ce qu’il fallait faire, grâce à mon équipe. Quelques personnes travaillent pour moi en France. Quand j’étais sollicitée par les média, ou quand je me relaxais ou me concentrais, ils vérifiaient toutes les données et étudiaient les bonnes trajectoires. Ils m’ont donné les bonnes informations, je savais où aller et j’étais relaxée. Pour moi, c’était parfait.

Est-ce que c’était extra spécial une première victoire dans un endroit tel que Indianapolis Motor Speedway, avec son historique de sport mécanique ?
En tant que fan de sports mécaniques, je suis ravie d’avoir gagné dans cet endroit historique. Et de faire partie de son héritage comme première femme à y gagner une course majeure en 108 ans d’histoire, c’est vraiment, vraiment une très grande exaltation. De plus, à Indianapolis, à part monter sur le podium, il y a des traditions comme embrasser les briques du circuit. Il y a eu beaucoup d’émotion et de récompense dans cette victoire. Comme je le dis souvent, si vous pouvez imaginer le succès au bout de la route, et si vous travaillez dur, il pourra vous sourire. Et même si vous échouez, c’est réconfortant de savoir que vous avez donné le meilleur de vous-même. J’ai eu de la malchance sur certaines courses avant Indianapolis, mais il y a toujours une leçon à apprendre, et j’avais probablement besoin de régler certaines choses.

Êtes-vous déçue de ne pas avoir volé le dimanche, jour de la Course?

Bien sûr, j’étais déçue. En tant que pilote de course et compétiteur, je pense que c’est dommage de ne pas avoir pu voler le dimanche ; toutefois, la sécurité prime. Mais j’avais vraiment envie de voler car tout se passait bien et j’ai réussi à me sentir dans « la zone », dans la zone de la performance. Je me sentais bien. Pour le résultat final de la saison, j’aurais aimé gagner les 10 points attribués au premier, car les résultats étant basés sur les Qualifs, nous n’avons eu que 50% des points. Mais c’est comme ça. D’un autre côté, je pense aussi que c’était plus juste ainsi, car le samedi nous avons tous volé dans les mêmes conditions météo pendant tous les runs de Qualifications, et c’était en toute égalité. Si nous avions volé le dimanche, ce n’aurait pas été égal pendant toute la course, le temps et le vent changeant brutalement. J’aurais eu un avantage car les premiers pilotes à voler auraient ouvert le bal et fait des erreurs, et aussi le vent se calmait graduellement, ce qui est plutôt rare. Donc, je pense que j’aurais été favorisée pour la course, mais j’aurais pu aussi bien être malchanceuse. En conclusion, en fait, tout le monde a eu la même opportunité le samedi dans les mêmes conditions météo, et c’était parfait.

Comment ressentez-vous votre accomplissement d’être la première femme à gagner une course majeure à Indianapolis Motor Speedway ?

J’étais choquée en entendant que dans l’histoire du circuit, pendant un meeting d’aviation, une femme n’avait pas été autorisée à aller sur le circuit pour retrouver son mari, qui était pilote, car il était interdit aux femmes d’aller près des avions. Aussi en contraste, c’est un grand honneur pour moi de pouvoir écrire cette page dans l’histoire de l’aviation en tant que première femme à gagner une Red Bull Air Race, mais aussi de célébrer la toute première fois dans l’histoire des sports mécaniques qu’une femme gagne une course à Indianapolis et embrasse les briques. Et comme je le disais en conférence de presse, j’ai le sentiment d’ouvrir une porte, et j’espère briser ce qu’on appelle le « plafond de verre ». Ce que je souhaite, c’est que cette victoire soit le début d’une série dans les prochaines saisons. Et pour moi, gagner à Indy signifie beaucoup plus car c’est là que j’ai fait mon premier podium l’année dernière, quand je suis arrivée deuxième. Donc j’espère que nous volerons encore à Indy l’année prochaine. Je suis tellement heureuse de ce que j’y ai accompli. Quelle belle aventure !

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