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Exclusif ! Rapport de mi-saison de la pilote de course d’avion Mélanie Astles.

Cinq mois après avoir fini 3ème en début de saison à Abu Dhabi, Mélanie Astles était de retour sur un circuit les 22 et 23 juillet, avec deux courses à disputer en classe Challenger à Kazan, Russie. La première et seule femme à participer à la Red Bull Air Race nous parle de son entrainement chez elle en France, ses progrès, sa saison sportive en cours, et les deux courses clé à venir.

 

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Mélanie, bon retour. Comment était Kazan ?
Ce fut un réel plaisir de visiter la Russie. Chaque nouvelle destination est une découverte inattendue, j’ai adoré être en Russie et rencontrer ses habitants. Kazan est une belle ville, même si je l’ai vraiment découverte en visionnant les vidéos de nos vols ; car pendant les courses RBAR, nous volons dans des endroits à couper le souffle, mais bien sûr c’est très difficile pour nous de les apprécier pendant la course ! J’espère que nous reviendrons en Russie l’année prochaine dans cette ville magnifique.

La course Challenger du mois de juin au Japon ayant été reprogrammée en une course de rattrapage à Kazan, 5 mois se sont écoulés entre Abu Dhabi et la double course du week-end à Kazan. Comment s’est passé ce retour sur le circuit de course ?
J’étais très heureuse de voler à nouveau sur un circuit, un peu comme un enfant ouvrant un cadeau ! Ne pas être en compétition pendant si longtemps, on oublie l’effet que cela procure. Mais de retour en vol sur le circuit, je réalise que c’est vraiment ma passion, et pourquoi je fais tant de sacrifices pour ça. J’étais super heureuse et soulagée de voler à nouveau en compétition.

Pendant cette longue coupure, comment vous êtes-vous entraînée et préparée ?
J’ai travaillé dur pour préparer trois aspects : technique, physique et psychologique. Techniquement, j’ai pris une carte et j’ai dessiné le circuit, mesuré la distance entre les pylônes, et calculé le temps. Et avec ce plan, je suis montée dans mon propre avion et imaginé être au-dessus du circuit pour travailler le rythme et la sensation. A mon arrivée à Kazan, il n’y avait que trois sessions de cinq minutes chacune, de pratique libre, et tout s’est très bien passé. J’avais l’impression d’avoir déjà franchi ces pylônes.

Et qu’en est-il de l’entraînement physique et mental ?
J’ai un nouveau coach dans le sud de la France et il est excellent. Il entraîne également un pilote de GP moto, et connaît donc bien les sports mécaniques. Nous travaillons des méthodes pour que je me sente bien dans l’avion, et il y a encore un grand pas avant que j’atteigne le haut niveau, mais je me sens beaucoup mieux physiquement. Et avec mon coach mental, nous avons travaillé afin que je me sente bien dans ma tête malgré la pression d’avoir à affronter deux courses à Kazan. C’est comme si 50% de ma saison devait se faire dans l’espace de 24 heures.

Vous avez été impressionnante pendant les essais libres en Russie, réduisant conséquemment vos temps à chaque session et en gagnant l’Essai Libre 3. Pourtant, pendant la course, vous avez faibli (et il en est de même pour les grands favoris de la Master Class). Toutefois, pouvez-vous reconnaitre que vous avez progressé en un an et demi en tant que Challenger ?
Le progrès est énorme. J’ai travaillé dur pour changer mon style de vol, de, disons musique techno à douce musique classique. Ce fut difficile, car en tant que pilote de voltige, je pousse durement sur les commandes. Cela m’a pris beaucoup de temps pour me calmer et être plus souple sur le manche. A Kazan, j’ai volé avec passion, émotion, et aussi – comment dire ? – peut-être un style féminin plus souple. Et dans l’avion, cela semblait si facile, si précis, si souple. Ce qui m’a manqué, c’est la prise de risque concernant les angles dans les portes, et j’aurais dû être plus affirmée à certains endroits. Donc ma façon de voler est meilleure. J’ai eu beaucoup de commentaires positifs de la part de grands pilotes, ce que je retiens de plus positif de ma semaine en Russie.

Vous êtes déjà passé très près d’une victoire, en particulier votre 2ème place à Indianapolis l’année dernière. Que devez-vous faire pour réussir cette percée ?
Je pense que gagner une course c’est trouver le bon état d’esprit. Ce que je n’ai pas encore fait. Sur papier, il semble que je peux gagner une course : je vole bien, et je peux compléter le circuit de manière souple. Et pourtant le jour de la course, ça ne fonctionne pas. Je pense que si je gagne une course, alors le reste sera plus facile. Mais pour l’instant, il me faut y croire. Quelque chose m’empêche de donner le meilleur de moi même le jour de la course. J’espère que Porto sera l’occasion de me révéler et que je pourrai y aller à fond et, le jour de la course voler aussi bien que pendant l’entraînement. C’est mon objectif principal de travail en août.

En parlant de Porto, il vous reste deux épreuves en Europe: Portugal les 2 et 3 septembre, et Lausitz, Allemagne les 16 et 17 septembre. Parlons de Lausitz. Vous étiez en compétition l’année dernière, n’est- ce pas ?
Oui, mais ce n’est pas un bon souvenir, car là aussi, il y avait deux courses, et j’ai fini 5ème dans les deux. Je n’aime pas avoir une course le samedi et une autre le dimanche. C’est comme si votre saison entière reposait sur un seul weekend. Mais cette année, nous ne devrions avoir qu’une course à Lausitz, et je vais tout faire pour obtenir un bon résultat.

La Red Bull Air Race a eu lieu à Porto la dernière fois en 2009, juste avant le lancement de la Challenger Class. Comment vous sentez-vous avant cette course au Portugal pour la première fois ?
Mon meilleur ami est portugais et Porto est une de mes villes préférées ! J’adore le Portugal. Les gens sont sympathiques, pas matérialistes, très humbles et humains. C’est un pays accueillant et j’espère qu’il fera beau. Ça va être super : c’est au milieu de la ville et je suis sûre que la foule sera au rendez- vous. Je suis heureuse car je pense que Porto sera vraiment spécial, et le circuit me parait être à ma portée.

Maintenant que nous sommes à mi-chemin 2017, quel est votre objectif pour le reste de la saison ?
Après Kazan, je suis en 7ème position pour la Challenger Cup, et seuls les 6 premiers se qualifieront pour la Finale à Indianapolis. Je dois donc me battre pour ma place dans la lumière. Tomber n’est pas un problème – l’important c’est de se relever. C’est ce que je vais faire. Ne jamais regretter, car tout ce que je peux faire, c’est mon mieux. Je continue de croire que je gagnerai un jour, et en attendant, je persiste et j’apprends. Après chaque course, je fais par écrit un débriefing en détail, afin d’avoir plus tard le plaisir de le relire et me remémorer ce voyage. Car finalement, le bonheur, c’est le moment présent. Je pense que j’apprécie ces moments qui peuvent être difficiles quand ça ne fonctionne pas, car je sais que j’apprécierai d’autant plus le succès quand il sera là.

 

Je voudrais enfin remercier l’ensemble de mes partenaires qui croient en moi
depuis le début et qui me donnent les ailes pour voler toujours plus haut après
des victoires !

Mel