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3ème à Porto, En route pour Lausitzring

Il y a moins de deux semaines, la française Mélanie Astles a atteint son deuxième podium de la saison 2017 en Classe Challenger, avec une excellente troisième place à Porto, Portugal. Les 16 et 17 septembre, elle sera de nouveau en compétition à la dernière étape européenne du calendrier 2017 RBAR, avec un retour à Lausitzring en Allemagne. Ci-dessous, ses commentaires sur les deux courses.

 

Mélanie, qu’avez-vous ressenti de retour sur le podium avec cet excellent résultat à Porto?

Naturellement, c’était super de monter à nouveau sur le podium. J’ai beaucoup travaillé avant la course, et c’était agréable de sentir que j’avais bien volé. Les vols étaient plein d’émotion, voler le long du fleuve Douro avec ce sentiment de vitesse, et de me sentir portée par les centaines de milliers de spectateurs en dessous. Dans un certain sens, je me sentais messagère du « girl power » dans le ciel ! C’était gratifiant d’entendre ces jeunes filles et femmes m’encourager tous les jours et surtout sur le podium. J’ai vraiment ressenti leur extraordinaire énergie. Toutefois, il me reste quelques détails à corriger, mais Porto m’a donné beaucoup de confiance pour le futur.

 

Vous dites que vous avez beaucoup travaillé. En préparation de Porto, vous sembliez mettre beaucoup d’accent sur le côté mental de la course. Pensez-vous que ça a été une des clés de votre succès ?

L’aspect mental a été très important. Je peux l’expliquer par quelques erreurs que j’ai faites pendant les Qualifications. Par exemple, virer trop tôt dans une porte, était inutile ; mais en fait, j’étais sans doute trop relaxée. Je flottais et peut-être je pensais à autre chose en même temps, et si c’est agréable d’être relaxée, c’était trop. Donc pour la course, j’ai décidé de garder la même attitude relaxée, mais en ajoutant un peu de tension. En général, je pense que ma vitesse de réaction est plutôt bonne, alors j’ai utilisé ma méthode passe une porte, bois un café, et puis, vire.

 

C’est amusant de vous imaginer avec une tasse de café dans le cockpit! Pouvez-vous nous expliquer ?

Bien sûr on parle de fractions de seconde, mais de ne pas tourner immédiatement à la sortie d’une porte, car avec le stress de la course cela pourrait conduire à trop d’anticipation. Cette stratégie a bien marché.

 

Enclavé dans une vallée étroite avec des bâtiments tout autour, le circuit de Porto était unique. Qu’y avez-vous retenu de vos vols ?

Le circuit de Porto était une bonne leçon, et m’a donné matière à travailler. En particulier pour pratiquer les VTM (Vertical Turning Maneuvers) et amorcer les chicanes, en plus du fait qu’il n’y avait pas de place pour rattraper les erreurs. Dans les jours précédant la course, j’ai intentionnellement frôlé les limites de la pénalisation et maintenant j’ai acquis ces données pour les courses suivantes, ce qui devrait améliorer ma façon de voler. Le jour de la course, j’avoue, j’étais un peu stressée à cause du brouillard sur le pont. Pendant mon run en Pratique Libre, j’ai fait une très bonne vitesse d’entrée du circuit à 179 nœuds, ce que l’on recherche, le plus près de la vitesse maximum autorisée. Mais malheureusement, pendant la course, je suis entrée à 174 nœuds, ce qui équivaut à perdre une bonne seconde sur le résultat. Comme Paul Bonhomme l’a commenté en direct, c’est comme mettre votre voiture F1 en marche arrière au départ d’une course et de reculer avant d’avancer. C’est dommage, car même si je suis ravie d’être 3ème, si je pouvais réunir tous les éléments, j’aurais plus de chance de monter sur la plus haute marche du podium – mais ça fait partie de l’apprentissage. Donc, je continue à travailler le côté mental ainsi que l’entrainement physique, et j’espère que pour les prochaines courses, tout se soudera.

  

Parlons de Lausitzring cette semaine. Vous aviez dit que Lausitz n’était pas un de vos meilleurs moments la saison dernière. Qu’allez-vous faire pour changer cet état d’esprit ?

Lausitz a été très dur pour moi car c’était une double course qui ne s’est pas bien passée. Un peu comme à Kazan cette année, quand en l’espace de 24 heures rien ne semble marcher, et vous perdez beaucoup dans le classement. Ce fut une expérience très dure, mais c’était l’année dernière, et maintenant tout est devant moi. Je pense que vous n’êtes pas votre passé – vous allez de l’avant. Aussi pour affronter l’expérience de Lausitz de manière plus positive, la première chose est d’être moi-même positive.

 

Et comment faites-vous?

En fait, j’ai un bon feeling pour cette course, et ce qui est bien, je ne cherche pas spécifiquement à atteindre le podium. Je veux juste être la version de moi-même. Je comprends maintenant que je peux seulement performer avec ce que je peux contrôler, c’est-à-dire voler avec une bonne vitesse d’entrée, passer les portes en bonne position, avec précision, souplesse et efficacité – vraiment voler de mon mieux. Le résultat sera ce qu’il sera. Ce qu’on appelle le lâcher prise : si vous mettez plus de distance face à votre objectif, vous ressentez moins de pression.

 

Avez-vous eu l’opportunité de faire des vols d’entrainement depuis Porto?

L’important est que j’ai l’expérience d’avoir volé à Lausitz l’année dernière, j’ai pu étudier le circuit chez moi dans le court laps de temps entre le Portugal et l’Allemagne, mais je n’ai pas beaucoup volé avec mon propre avion. J’ai juste volé un jour de pluie pour vérifier les différences en volant sous la pluie, surtout qu’à Kazan, ce fut un facteur principal pour moi. Mais mon avion est différent de celui avec lequel nous faisons les courses, et je ne voulais pas perdre les bonnes sensations que j’ai eues en volant avec l’Extra 330 LX à Porto.

 

Pouvez-vous partager certaines de vos stratégies pour le circuit de Lausitz

Initialement, je prendrai plus de risques dans mes trajectoires – en sécurité, bien sûr, mais en risquant de toucher des pylônes ou entrer trop vite, juste pour tester les limites comme à Porto, et trouver les bonnes trajectoires pour faire de mon mieux. Je pense avoir tout pour gagner. Autrefois je disais « je n’ai rien à perdre », mais maintenant ma pensée positive me fait voir les choses différemment, et donc j’ai tout pour gagner. C’est d’avoir donné le meilleur de moi-même qui me rendra la plus heureuse possible après le vol. Quel que soit le résultat, je serai heureuse.

 

Grâce à votre résultat à Porto, vous avez dépassé les points nécessaires pour vous qualifier pour la Finale Classe Challenger à Indianapolis. Mais Lausitz comptera aussi, n’est-ce pas ?

Je ne suis pas encore assurée d’aller à Indianapolis. Je suis cinquième actuellement et la qualification est pour le top six ; en prenant en compte le partage des points, si Ben Murphy et Daniel Genevey font un podium et que je suis dernière à Lausitz, je ne me qualifierais pas pour la finale. Donc oui, Lausitz sera important, mais regardons le côté positif de ce qui pourrait arriver : je peux encore terminer sur le podium de la saison. Si je fais un bon résultat à Lausitz et ensuite à Indianapolis, je pourrais monter à la quatrième, voire troisième ou (même si très difficile) deuxième place finale. Mais je n’y pense pas et je vole le mieux possible – calme, relaxée et précise – je pense que ça va bien se passer. Et je serai heureuse de voler, c’est le plus important.

 

Mélanie, comme toujours, merci beaucoup pour votre temps. J’imagine que vous voulez vous concentrer pour la course !

D’abord, je voudrais vraiment dire un grand merci à tous ceux qui me suivent, et qu’ils sachent que leur belle énergie m’a portée à Porto. Je regrette de ne pouvoir répondre à chacun individuellement, mais je tiens à leur dire combien j’apprécie leur soutien extraordinaire. Et je tiens aussi à remercier les personnes qui me sont proches. Certains ne veulent même pas être mentionnés, mais merci à mes sponsors, mes amis, mon équipe et tous ceux qui m’aident et me conseillent, y compris sur les aspects techniques, ainsi que mon préparateur physique et mon coach mental. Mes progrès ne sont pas ma victoire, mais la victoire d’une équipe. Et ma force c’est d’avoir tant de personnes superbes qui me suivent et me poussent à rendre les choses possibles. Merci à tous. Et maintenant en vol pour l’étape suivante !